Cher-e-s consœurs et confrères,


L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a publié récemment un rapport visant à évaluer la possibilité de mettre en place des procédures permettant de substituer le formol pour les phases pré-analytiques (notamment conditionnement du prélèvement du lieu de prélèvement jusqu’au cabinet) et analytiques (prise en charge macroscopique).
Pour la phase analytique, l’ANSES confirme que le formol est le fixateur de référence pour nos prélèvements. Pour la phase pré-analytique, elle préconise le transport à l’état frais des prélèvements, plus ou moins conservés à +4°, plus ou moins sous vide. Le mode opératoire pour la prise en charge des biopsies est flou.


Ni le CNPath, ni aucune autre association ACP n’a été associée à la conception de ce rapport. Des personnalités « extérieures » à l’ANSES ont été contactées lors de son élaboration, dont une majorité d’industriels directement intéressés à la mise en place de solutions proposées. Le CNPath a été sollicité en 2019 pour relecture et avis. Cet avis a été extrêmement défavorable. Aucune des remarques faites
par le CNPath n’a été retenue et le rapport a été publié sans changement significatif, si ce n’est dans le sens du pire.


Le CNPath, et donc l’ensemble des associations représentatives de l’ACP, est conscient de l’importance de protéger les personnels soignants et techniques des risques liés à l’exposition formol dans l’exercice de leur métier. En tant que médecins, nous considérons qu’il est tout aussi important que les patients soient protégés d’erreurs diagnostiques liées à une phase pré-analytique inadaptée.


Les conclusions de l’ANSES reposent sur des a priori sans fondement scientifique. Il nous apparaît également que les solutions proposées sont inapplicables tant médicalement, que du point de vue logistique et des coûts liés. La finalité de ce rapport semble uniquement celle de l’application d’un principe de précaution aveugle dédouanant l’état de toute responsabilité dans l’utilisation du formol en ACP. La responsabilité est entièrement reportée sur les professionnels.

Il est d’ailleurs symptomatique, surtout en cette période épidémique, de constater que, pour mieux servir son propos, le rapport minimise le risque infectieux lié à la manipulation de matériel biologique à l’état frais.


En pratique, nous vous demandons, si vous êtes sollicité-e par un ou plusieurs établissements pour appliquer les préconisations de ce rapport :


- d’une part d’informer ces établissements que le CNPath, en tant qu’organisme représentant toutes les
associations d’ACP, considère que la mise en place de ces mesures est de nature à nuire fortement à la
qualité diagnostique et théranostique de l’examen ACP.
- d’autre part de faire parvenir immédiatement cette information au CNPath (info@cnpath.fr).
Par ailleurs, une enquête nationale sur ce sujet, coordonnée par l’AFAQAP, va être lancée dans les semaines à venir.

Nous comptons sur vous pour y répondre.


Pr Jean-Yves Scoazec pour le CNPath

 

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