Communiqué télépathologie

Plusieurs plateformes de télépathologie, visant à offrir aux pathologistes la possibilité de bénéficier d’un avis pour des diagnostics difficiles auprès d’un expert à distance, ont été ou vont être ouvertes par des acteurs privés, en partenariat avec le secteur public. Ces plateformes exploitent l’avancée des technologies numériques pour permettre le partage de lames numérisées, « virtuelles », entre le demandeur et l’expert à distance, évitant le transfert par courrier d’échantillons ou de préparations physiques, comme c’est actuellement le cas.

De telles demandes, ou consultations de deuxième avis, ont toujours été partie intégrante des procédures utilisées par les pathologistes pour garantir la qualité du diagnostic et de la prise en charge des patients. L’HAS en a confirmé l’utilité clinique. La profession s’est dotée d’outils pour structurer et suivre les demandes, notamment à travers le portail Diaginter. Depuis de nombreuses années, la spécialité réclame la reconnaissance de la consultation de deuxième avis, son inscription à la nomenclature par la CNAM et la possibilité pour les experts sollicités de valoriser cette activité, bénévole en ce qui les concerne et à fonds perdus pour les établissements de santé où ils exercent.

Le Conseil National Professionnel d’Anatomie et Cytologie Pathologiques (CNPath) voit dans les initiatives actuelles la confirmation de l’importance de la consultation de deuxième avis. Il souligne cependant avec force qu’elles ne résolvent pas le problème posé par l’absence actuelle de reconnaissance officielle de cet acte essentiel à la qualité des diagnostics. Le paradoxe de ces initiatives est d’imposer au pathologiste demandeur de financer lui-même sa demande.  Exige-t’on du médecin généraliste de financer la consultation du spécialiste auquel il adresse son patient ? ou d’un spécialiste de financer la consultation d’un autre spécialiste ? Il est donc plus que jamais indispensable d’obtenir la reconnaissance officielle de la consultation de deuxième avis.

D’autres points, d’ordre technique, limitent également la portée de ces initiatives en l’absence d’une réponse globale. Premier point : le partage de lames numérisées ne permet pas de résoudre tous les problèmes diagnostiques ;  dans un nombre significatif de cas, environ 1 sur 5,  des examens complémentaires spécialisés doivent être réalisés directement à partir des échantillons tissulaires ayant servi à la préparation des lames « virtuelles ». Dans le cadre de son action en faveur de la consultation de deuxième avis, le CNPath demande donc également à ce que l’expert puisse obtenir le financement de ces examens complémentaires selon la nomenclature en vigueur. Deuxième point : qui dit partage de lames numériques dit outils de numérisation. Or, peu de laboratoires de pathologie sont actuellement dotés de ces outils et tous n’ont pas les moyens de faire face à cet investissement lourd, ce qui les prive de l’accès à ce type de plateformes. Le CNPath agit donc également en faveur d’un véritable plan numérique pour la spécialité, afin de lui permettre d’aborder dans de bonnes conditions l’incontournable révolution de la pathologie numérique.

Dans ce contexte, le CNPath demande aux plateformes de télépathologie, en activité ou en projet, de s’engager à respecter des principes de fonctionnement, comme le respect de la liberté de choix de l’expert, la transparence dans l’identification des experts participants et l’intégration des outils développés par la profession pour le suivi des demandes, et à appliquer l’acte de consultation de deuxième avis, dès qu’il existera, des informations encourageantes en ce sens ayant été reçues récemment. Le CNPath leur proposera de signer une charte de fonctionnement, qui concrétisera et valorisera ces engagements.   

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